Demain, l’Ethiopie

Ce soir, je m’engouffrerai dans un Boeing 747 de la compagnie Ethiopian Airlines en direction d’Addis Abeba. C’est au petit matin, demain peu après 6 heures, que l’avion atterrira sur le tarmac de l’aéroport de la capitale de l’Ethiopie.

Après cela, le vide, ou presque. Je suis censé appeler un dénommé Salomon qui viendra me chercher et m’accompagnera chez Liza, une Slovène qui loue quelques-unes des chambres de sa belle maison du quartier des ambassades. Je dois y rester cinq jours.

Je doute que cinq jours soient vraiment utiles pour faire le tour d’Addis, mais c’est le temps qu’il me faudra pour prendre mes marques, repérer la (les) gare(s) routière(s), m’approprier la ville, comprendre sa structure urbaine, visiter les quelques hauts lieux historiques et culturels, et surtout préparer la suite du voyage.

Il faut dire que mon blog risque de bien mal porter son nom pendant trois semaines, car actuellement c’est la saison des pluies en Ethiopie, et cette pluie conjuguée à l’altitude (Addis est la capitale la plus haute d’Afrique, à 2500 mètres) provoquent des températures assez basses… C’est pourquoi je suis face à un dilemme : me farcir un temps dégueulasse dans le Nord du pays qui présente le plus d’intérêt historique (ma sensibilité et mon métier me portent dans cette direction), ou supporter un temps plus acceptable dans un Sud moins fascinant et moins exceptionnel – mais intéressant quand même – (ma haine de la pluie et mon amour de l’ombre m’y poussent). En réalité, j’ai déjà fait mon choix, mais pour l’instant je le garde pour moi – il demeure susceptible de changer dans la confrontation avec des paramètres que je n’identifierais qu’une fois sur place.

Je ne suis pas de ceux qui planifient leur voyage à la minute près. J’aime me perdre, me retrouver dans des endroits a priori sans intérêt, j’aime improviser au gré des rencontres et des circonstances, voyager le cœur léger et le nez au vent, explorer les contre-allées plutôt que les grandes avenues.

Je me suis constitué un paquetage minuscule, de quelques kilos seulement. En voici la liste exhaustive :
– un peu de technologie : un iPad, un iPod shuffle, un casque, un téléphone 2 SIM (!), un appareil photo, les câbles qui vont avec (un seul transfo), une lampe frontale ;
– quelques sous-vêtements de rechange, de quoi tenir trois jours (en se changeant tous les jours), un maillot de bain ;
– une veste de pluie, un pull, un khādī, un chapeau ;
– dans ma pharmacie : quelques pansements, deux compresses, trois dosettes de collyre et deux d’antiseptique, un antipaludéen et de la crème solaire (seront utiles si je vais à Harar, la ville de Rimbaud), du Zovirax, des antidiarrhéiques, du paracétamol, de l’ibuprofène, des somnifères (pour l’avion), des boules Quiès, trois paquets de mouchoirs en papier ;
– quelques nécessaires de toilette : une serviette de bain de 40 grammes, un reste de dentifrice, une brosse à dent, un savon de Marseille (qui servira autant pour mon corps que pour mes vêtements), un petit tube de shampoing, un coupe-ongles ;
– trois livres : un guide touristique, une méthode d’Amharique (la langue nationale) et Les Misérables de Victor Hugo ;
– mes papiers : passeport, argent, carte des vaccins, carte du groupe sanguin, carte Visa ;
– des lunettes de soleil (on ne sait jamais, entre deux averses) ;
– un sac poubelle ;
– un stylo ;
– un duvet ultraléger (j’ai hésité, car je suis sûr qu’il ne me servira pas) ;
– une poche ventrale (ce qu’on appelle vulgairement une banane) ;
– un colis d’1,5 kg environ que l’on m’a transmis pour une Ethiopienne qui vit à Addis, dont je me débarrasserai dans les premiers jours ;
– à tout cela il faut ajouter, évidemment, les vêtements que je porte sur moi.

Je suis prêt sans l’être vraiment. Demain, je serai en Ethiopie ; je suis excité et anxieux à l’idée de ce bond dans l’inconnu. Mais quand on se retrouve au bout de la planche, bien harnaché, face au vide, il serait dommage de ne pas sauter.

Bibliographie :
CANTAMESSA Luigi, avec la collaboration de AUBERT Marc, Découverte Ethiopie, Guides Olizane, 2005
GUETACHEW K., KAITERIS C., Amharique express, guide de conversation pour voyager en Ethiopie, Dauphin, 2ème édition 2013
HUGO Victor, Les Misérables, 1862, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1951 : ce sera mon livre de chevet et de trajet pendant ces trois semaines.

Webographie :
Pour voyager léger, le site de la randonnée légère et de la MUL (marche ultralégère)  fournit pas mal de techniques et de renseignements.

2 réflexions sur « Demain, l’Ethiopie »

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